Née à Renaix, le 17 avril 1955. Chantal Bertouille est maman d’une fille et titulaire d’une licence en kinésithérapie ainsi que d’une agrégation de l’enseignement secondaire supérieur obtenues à l’ULB.
Elevée dans une famille libérale, elle prend très vite goût à la politique, prenant l’exemple ainsi sur son papa le Ministre André Bertouille.
Dès sa première élection et malgré une lointaine 13ème place, elle est élue conseillère communale de Comines-Warneton en 1976 et Echevin en 1994, fonction qu’elle occupe toujours actuellement.
En 1995, elle franchit une autre étape importante et devient Député wallon, assemblée où elle siège comme seule femme parmi le groupe MR.
Le MR lui confiera les présidences de la Commission de la Santé et de l’Education au Parlement de la Communauté française et, sous la présente législature, celle de la Commission des Affaires intérieures et de la Fonction publique au Parlement wallon.
Sur le plan politique, elle s’intéresse surtout aux problèmes liés aux aînés, aux enfants, aux personnes handicapées, ainsi qu’à la santé.
HAINAUT.MR : Vous avez commencé très tôt la politique. Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui viendrait vous voir et qui souhaiterait se lancer en politique ?
Chantal BERTOUILLE : Sans hésiter, je lui conseillerai de se lancer. Le monde politique est un monde extrêmement exigeant et parfois très dur sur le plan humain mais il est également extrêmement gratifiant. Il s’agit d’un domaine où l’on peut réellement, si on en a la volonté, faire bouger les choses.
Le monde politique est cependant parfois individualiste. C’est pourquoi, au niveau local, j’encourage les actions de type parrainage des jeunes et j’insiste également sur le fait que, pour mener à bien nos actions, nous avons besoin du soutien de tous.
La victoire aux élections est, bien avant une satisfaction personnelle, le résultat du travail de toute une équipe.
Je conseillerai également au jeune qui viendrait me voir de se montrer patient.
HAINAUT.MR : Arrivée jeune en politique, n’aviez-vous pas le désavantage d’être une femme ?
Chantal BERTOUILLE : Je ne parlerai pas de désavantage mais plus d’une différence qui m’a permis d’apporter un regard neuf au sein de certaines discussions. En effet, lors de ma première élection comme Député wallon, j’étais la seule femme à siéger au sein du groupe MR parmi 20 collègues masculins.
Au départ, il est vrai, j’ai pu susciter la curiosité. Beaucoup m’attendaient au tournant, prêts à sauter sur la moindre erreur que je commettrais.
Heureusement, plusieurs parlementaires m’ont soutenue et, grâce à mon travail, j’ai pu leur montrer qu’une femme avait également sa place en vue d’exercer les plus hautes fonctions.
C’est ainsi que depuis j’ai été Présidente de trois des plus importantes Commissions parlementaires, à savoir les Commissions de la Santé et de l’Education au Parlement de la Communauté française et celle de la Commission des Affaires intérieures et de la Fonction publique sous l’actuelle législature au Parlement wallon.
HAINAUT.MR : En juin de cette année, vous fêterez vos 10 ans comme Député. Quels sont vos plus grands regrets et vos plus grandes fiertés ?
Chantal BERTOUILLE : Au rang des fiertés, je placerai sans nul doute la qualité du travail qui a pu être accompli durant la législature 1999-2004 par l’ensemble des Ministres libéraux tant à la Communauté française qu’à la Région wallonne. Nous avons en effet répondu à l’attente de nos concitoyens qui voulaient une gestion réaliste.
Face aux défis, le MR les a relevés sans faire de fausses promesses. Je mettrai sans doute également en avant notre travail d’opposition sous cette législature. En effet, le Mouvement Réformateur n’a pas peur de prendre position et, loin de faire un travail d’opposition stérile, notre groupe, tant à la Communauté française qu’à la Région wallonne, est ainsi déjà l’auteur de plusieurs dizaines de propositions qui répondent vraiment à l’attente de tous.
Pour ce qui est des déceptions, je pointerai sans nul doute les gouvernements régionaux et communautaires actuels, majorité PS / cdH. A grand renfort de communications, ils nous ont annoncé un changement. Je dois reconnaître qu’il y a effectivement eu un changement par rapport à la précédente législature. Nous sommes revenus des années en arrière et les anciennes pratiques de clientélisme ont refait leur apparition.
HAINAUT.MR : Sous la précédente législature, vous avez donc occupé les fonctions de Présidente de la Commission de l’Education au Parlement de la Communauté française. Actuellement encore, vous accordez beaucoup d’importance, notamment au sein de l’ONE, à cette jeunesse. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur celle-ci ? Que pouvez-vous faire pour elle ?
Chantal BERTOUILLE : J’ai un regard très critique, non pas sur la jeunesse mais sur l’image que l’on veut bien en donner. J’ai l’occasion de rencontrer de nombreux jeunes issus de tous les milieux et je peux vous dire qu’à chaque fois ceux-ci m’épatent. Ils sont porteurs de projets et bien loin de cette image négative que certains médias véhiculent.
Je comprends néanmoins le discours parfois négatif et le découragement qui peut parfois gagner certains. C’est pourquoi je crois qu’il est important que nos jeunes soient soutenus et encadrés, que des adultes et des personnes de confiance soient prêts à leur venir en aide et, au besoin, à les soutenir.
J’accorde également beaucoup d’importance aux notions d’éducation. C’est d’ailleurs en ce sens que je viens de déposer une proposition de résolution sur le devoir de mémoire et le rôle important des passeurs de mémoire dans le maintien de nos démocraties.
A propos de cette jeunesse, si l’instruction est importante, je crois que l’éducation est essentielle et, dans le cadre de cette éducation, c’est la famille qui a un rôle primordial à jouer.
HAINAUT.MR : Au Parlement wallon, vous avez été désignée Présidente de l’importante Commission des Affaires intérieures et de la Fonction publique. Plusieurs projets y sont actuellement débattus. Pouvez-vous nous dire s’il y aura du changement dans les prochains mois pour ce qui concerne les communes et les provinces ?
Chantal BERTOUILLE : Il y aura en effet du changement. En ma qualité de Présidente de cette Commission, j’ai certains contacts privilégiés avec l’actuel Ministre en charge de ces matières à la Région wallonne et mon rôle sera d’organiser au mieux les travaux en Commission, Commission qui devra se positionner pour ce qui concerne les réformes, réformes devant aboutir impérativement avant les élections communales et provinciales de 2006.
Bien sûr, au sein de ma Commission, les Députés du Mouvement Réformateur défendent nos projets qui sont fondés sur une plus grande démocratie et participation des citoyens.
A ce sujet, nous restons favorables à l’élection directe des bourgmestres, au maintien des circonscriptions provinciales actuelles et à tout ce qui rendra dans nos villes et communes la vie de nos concitoyens plus heureuse.
HAINAUT.MR : L’opposition, vous y êtes également à Comines-Warneton. Vous êtes même « Echevin de l’opposition ». Comment, au niveau local, parvenez-vous à faire passer vos idées ?
Chantal BERTOUILLE : Je suis effectivement Echevin de Comines-Warneton tout en étant dans l’opposition et ce, en raison du statut spécial de Comines-Warneton.
Mon rôle, je le conçois comme celui qui est le mien en qualité de Député de l’opposition, c’est-à-dire avant tout un travail qualitatif. Je ne suis pas du tout adepte du principe de dénigrer toute idée qui ne viendrait pas du MR. Non, je suis prête à soutenir les projets qui se feraient dans l’intérêt de toutes et de tous.
Malheureusement, à Comines-Warneton, c’est rarement le cas. La majorité en place est sclérosée et fait surtout primer l’intérêt de quelques uns par rapport à celui de la majorité des habitants.
Dans mon combat contre ces différentes formes d’abus, je peux heureusement compter sur le soutien indéfectible d’une équipe MR unie et dynamique.
HAINAUT.MR : Vous êtes originaire du Hainaut occidental, région qui se sent souvent délaissée et oubliée des grandes décisions. Qu’en pensez-vous ?
Chantal BERTOUILLE : Longtemps, le Hainaut occidental s’est en effet senti oublié des grandes décisions. Si la faute en incombait aux décideurs, je crois qu’elle était également à rechercher dans le Hainaut occidental en lui-même.
Depuis quelques années, celui-ci a entrepris un long travail de remise en cause qui porte enfin ses fruits. Région très rurale, elle n’en demeure pas moins très dynamique. A l’instar d’autres régions, elle a réussi partiellement sa reconversion et dispose à ce sujet de nombreux atouts.
C’est d’ailleurs cette région dynamique et tournée vers l’avenir que je défends, sans faire de sous-régionalisme, et, tout comme j’aime d’ailleurs à le rappeler à mes nombreux collègues, ce n’est pas à Comines-Warneton que se termine le Hainaut, non, c’est là qu’il commence, à la frontière entre la Flandre et la France.
HAINAUT.MR : Vous êtes l’auteur de centaines de questions parlementaires et de plusieurs proposition de décrets. Cette activité parlementaire intense ne se fait-elle pas au détriment du travail de terrain et de proximité ?
Chantal BERTOUILLE : Non. J’ai toujours refusé de m’enfermer dans un bureau pour ne réapparaître sur le terrain qu’au moment des élections. Les gens peuvent me rencontrer chaque semaine à l’occasion des permanences que j’organise à Tournai, Ath, Mouscron et Comines.
Je suis également régulièrement joignable par téléphone et les gens peuvent m’écrire ou m’envoyer un courriel. A chaque fois, je donne une réponse.
De même, ils peuvent prendre régulièrement connaissance de toute mon activité parlementaire via mon site Internet www.bertouille.org.
A côté de cela, dès que je le peux, j’assiste aux très nombreuses manifestations culturelles, festives et sportives organisées dans l’ensemble du Hainaut occidental pour être ainsi au maximum à l’écoute de la population.
Jean-Jacques FLAHAUX (Août 2008)
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Chantal BERTOUILLE (mai 2005)
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