Publications > Interviews

Mieux connaître les acteurs du Hainaut !


Philippe FONTAINEPhilippe Fontaine peut se targuer d’un parcours impressionnant.

Régent littéraire puis ensuite diplômé courtier en assurances, il s’engage rapidement dans la vie publique et acquiert une expérience politique considérable.

Conseiller communal à Manage depuis 1977 et ensuite Conseiller Provincial du Hainaut de 1981 à 1999, Philippe Fontaine s’est vu confier des fonctions stratégiques comme celles de Chef de groupe PRL au Conseil Provincial ou encore celles de Président de la Fédération PRL de l'Arrondissement de Charleroi durant presque 20 ans.

Depuis 1999, il est Député au Parlement Wallon et a également été Président du Groupe MR au Parlement Wallon de septembre 2001 à juin 2004. Au Parlement de la Communauté française, le Député Philippe Fontaine assure désormais les fonctions de secrétaire.

Particulièrement impliqué dans la vie économique de la région Charleroi et du Centre, sa disponibilité et son expertise politique font de lui un mandataire unanimement reconnu sur lequel le Mouvement Réformateur est fier de pouvoir compter.

HAINAUT.MR : Vous avez été Chef de Groupe dans la majorité au Parlement wallon sous la législature précédente, comment vivez-vous le fait d’être dans l’opposition aujourd’hui ?


Philippe FONTAINE : Me retrouver aujourd’hui dans l’opposition n’est pas pour moi quelque chose de difficilement acceptable puisque j’ai passé l’essentiel de ma vie politique dans l’opposition, je suis chef de groupe au conseil communal dans l’opposition depuis 27 ans et j’ai été chef de groupe au conseil provincial dans l’opposition pendant 15 ans. Je pense que le rôle de l’opposition est un rôle important qui permet plus de liberté d’expression que lorsque l’on est dans une majorité où il faut nécessairement composer, de plus ça permet aussi de jouer vraiment le rôle de contrôle du Gouvernement, de critiques et de propositions… et l’alternance est le meilleur garant de la démocratie.

HAINAUT.MR : Que pensez-vous des affaires qui ont ébranlé le PS ces derniers temps ? Et en particulier de l’affaire Lizin ?

Philippe FONTAINE : On constate que le PS n’a pas changé et que ce qui a changé c’est simplement le vernis de façade . Le PS en Wallonie et particulièrement en Hainaut est dominateur et maintenant qu’il est au pouvoir en Région Wallonne et en Communauté Française avec un parti moins important que nous, il a retrouvé une partie de son arrogance.

L’Affaire Lizin n’est finalement que la synthèse de toutes les dérives totalitaires du PS avec malheureusement une grande incompréhension de la part d’une partie de la population qui a tellement été habituée à ce clientélisme et à cet assistanat qu’elle ne se rend même pas compte que ces pratiques ruinent la démocratie.

HAINAUT.MR : Vous êtes un hainuyer, très attaché à sa région, après les déclarations du Sénateur Destexhe, quelle est votre vision de la situation du Hainaut ?

Philippe FONTAINE : La situation du Hainaut après presque 12 ans d’aides européennes est malheureusement toujours particulièrement critique et si des améliorations ont été constatées en terme d’augmentation d’emplois, il faut malheureusement reconnaître que le chômage n’a pas baissé et qu’une bonne partie de ces emplois sont occupés par des gens qui viennent de l’extérieur, de Flandre, de France ou du Brabant wallon, ce qui montre que nous avons deux problèmes en Hainaut, le manque de formation et , oserais-je le dire, parfois aussi un manque de volonté pour certains de prendre leur vie en charge. Ce qui n’est peut-être pas le cas dans d’autres régions du pays.

En ce qui concerne les déclarations de Monsieur Destexhe, je regrette essentiellement qu’il ait dit que le Hainaut ne devait plus avoir besoin d’aides européennes parce qu’il est évident, et même si je le regrette, que ces aides sont encore nécessaires au Hainaut.

HAINAUT.MR :
Les élections communales sont pour 2006. Vous avez ouvert le débat sur l’élection directe du bourgmestre en déposant une proposition de décret dans ce sens. Pourquoi pensez-vous qu’il soit tellement nécessaire de réformer ainsi notre système électoral ?

Philippe FONTAINE : Il est nécessaire de réformer le système électoral parce que manifestement la population ne s’intéresse plus au fonctionnement des institutions politiques communales. Les électeurs ont un peu l’impression que ce n’est pas eux qui choisissent le bourgmestre puisqu’en fait on pratique déjà une élection à deux tours chez nous. Un premier tour où l’électeur vote, un deuxième tour où les partis négocient pour voir qui va diriger la commune et ce n’est pas nécessairement celui qui a le plus de voix qui y arrivera dans la situation actuelle. Ce que nous avons voulu faire c’est à la fois permettre aux gens de choisir le bourgmestre mais aussi empêcher que des accords pré-électoraux ne puissent exister puisque dans ma proposition il y aura un deuxième tour, des listes se rassembleront et, si des accords existent, le citoyen aura à se prononcer sur ces accords.

HAINAUT.MR : Pourquoi la majorité PS-CDH ne vous a-t-elle pas suivi ?

Philippe FONTAINE : Précisément parce qu’ils ne souhaitent pas vraiment changer les choses et que leur « soi-disant » élection directe du bourgmestre n’est qu’un leurre parce ça n’empêchera ni les accords pré-électoraux ni les négociations post-électorales. Donc, la réforme prévue par la majorité est vraiment une réforme de façade mais certainement pas de fond.

HAINAUT.MR : Comment préparez-vous vos élections communales ?

Philippe FONTAINE : En reprenant contact avec mon terroir local que j’ai parfois un peu délaissé vu ma mission parlementaire et en étant beaucoup plus présent sur le terrain. Je crois que ce qui est le plus important au niveau communal est de rencontrer les gens et de les écouter.

HAINAUT.MR : Avez-vous changé votre manière de faire de la politique sous cette législature ? Avez-vous gardé les mêmes centres d’intérêt ?

Philippe FONTAINE : Il est évident qu’en tant que chef de groupe, j’étais surtout présent au Parlement wallon à Namur. J’y ai gardé les centres d’intérêt qui sont les miens depuis toujours, c’est-à-dire l’économique, le social, particulièrement le logement et les matières environnementales mais je m’investis également à la Communauté française notamment dans les matières culturelles, audiovisuelles mais aussi dans l’enseignement puisque j’ai été pendant trois ans Président de la commission de l’éducation.

HAINAUT.MR : Vous gardez donc la même ligne de conduite et les mêmes sujets de prédilections. Vous sentez-vous plus disponible pour remplir cette mission ?

Philippe FONTAINE : J’ai toujours essayé d’organiser ma disponibilité quels que soient les mandats que j’avais à exercer et je constate que finalement mon temps est aussi occupé qu’il ne l’était quand j’exerçais la fonction de chef de groupe, simplement je suis plus présent sur le terrain local.

HAINAUT.MR : Vous êtes enseignant de formation, que pensez-vous de la volonté de réforme de la Ministre-Présidente de la Communauté française ?

Philippe FONTAINE : Je crois surtout que l’enseignement a besoin de stabilité et qu’il faut cesser de le transformer en laboratoire de réflexion et d’expérimentation.

Je pense que Madame Arena, comme ses collègues dans d’autres matières, a lancé des grands débats pour retarder finalement les décisions mais qu’on ne peut pas diriger dans le caucus permanent, mai 68 est loin, et je ne sais pas ce qui ressortira de ces assemblées libres, mais jusqu’à présent, ce qu’on en connaît ne donne pas l’impression que la Ministre et son cabinet réfléchissent dans l’intérêt des enfants. Il semble plutôt qu’on s’oriente vers une politique de type doctrinaire qui aboutit au nivellement par le bas. On dit qu’il s’agit d’une politique égalitaire, nous, nous parlons d’égalité des chances, ce qui n’est pas du tout la même chose ?

Je pense que l’enseignement doit permettre à chacun d’aller jusqu’au bout de ses limites parce c’est finalement en allant jusqu’à leurs limites que les jeunes seront utiles demain dans la société. Je crains que la politique prônée par la majorité ne soit qu’un nivellement par le bas où il faut que les meilleurs attendent ceux qui ont des difficultés à suivre. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas aider ceux qui ont des difficultés mais chacun doit pouvoir aller à son rythme.

HAINAUT.MR : Vous revenez de mission parlementaire en République Démocratique du Congo, quelle est la situation actuelle ? Pensez-vous que nous ayons des choses à faire là-bas ?

Philippe FONTAINE : C’est la deuxième fois que j’allais en mission parlementaire au Congo, j’y suis déjà allé pour le Parlement wallon il y a trois ans et demi. La situation de ce pays n’a que peu changé, la population a toujours autant de difficultés à vivre tellement les revenus sont faibles lorsqu’ils existent… je crois que contrairement aux clichés, c’est un peuple courageux qui essaye de se débrouiller dans un système où l’Etat ne fonctionne plus et cela depuis près de 50 ans.

Oui, nous avons encore des choses à faire là-bas parce qu’ils attendent beaucoup de nous et 50 ans s’étant passés depuis l’indépendance, il faut dire qu’aujourd’hui les Belges ont la cote mais la première chose à faire, et ce doit être le rôle de nos autorités, c’est d’appuyer toutes les démarches de la communauté internationale pour que les élections qui doivent avoir lieu dans les prochains mois se déroulent et se déroulent correctement pour qu’enfin le pays puisse être dirigé par un équipe élue démocratiquement. Ce qui est indispensable pour reconstruire le pays, recréer l’état de droit, recréer des infrastructures, recréer un enseignement public et un service de santé digne d’un pays du 21ème siècle.

HAINAUT.MR : Vous venez de vous dire disponible, comment peut-on vous contacter, dialoguer avec vous, se rendre compte de votre travail ... ?

Philippe FONTAINE : Toutes mes interventions parlementaires se trouvent sur mon site. Chacun peut aller y retrouver le travail réalisé depuis mon entrée au Parlement et vous pouvez également me retrouver sur le forum du Portail des Réformateurs du Hainaut où je dialogue journellement avec les invités ou les inscrits au forum.



Jean-Jacques FLAHAUX (Août 2008)

Consultez nos interviews précédentes :

Olivier CHASTEL (octobre 2006)
Gérald MOORTGAT (février 2006)

Maxime DAYE (décembre 2005)
Véronique CORNET (septembre 2005)
Denis DUCARME (juin 2005)
Chantal BERTOUILLE (mai 2005)
Philippe FONTAINE (avril 2005)
Jacqueline GALANT (mars 2005)
Richard MILLER (février 2005)
puceRetour au menu "interviews"

Média associé :: Olivier Chastel :: Mouvement Réformateur



Recommander ce site à un amiImprimer cette page Haut de la page

Vie associative

Jeunesse

Culture

L'actu en temps réel

Flux RSS

La technologie RSS

Powered by groupe salden
Valid XHTML 1.0!Valid CSS!